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Appeler un vendeur quand il n'y a rien à lui dire

C'est l'appel que tout le monde repousse, et c'est le plus important. Trois semaines sans nouvelles suffisent à ce qu'un propriétaire commence à regarder ce que propose l'agence d'en face.

PLPar Paul Lombardo, Fondateur de plb-agencyMis à jour le 3 min de lecture

Pourquoi le silence coûte si cher

Un vendeur sans information ne conclut jamais « il ne se passe rien ». Il conclut l'une de ces trois choses, et aucune ne vous arrange.

  • « Mon bien plaît, le marché est juste lent. » — Conclusion confortable, qui verrouille toute conversation ultérieure sur le prix.
  • « L'agence ne fait rien. » — Il compare alors avec ce que promettent les confrères, qui promettent beaucoup puisqu'ils n'ont rien à tenir encore.
  • « On me cache quelque chose. » — La plus corrosive : elle transforme chaque échange suivant en interrogatoire.

L'absence d'information n'est jamais neutre : elle est remplacée par une hypothèse. Et le propriétaire choisit toujours celle qui protège son prix.

Un appel sans nouvelle n'est pas un appel vide

L'objection classique — « je ne vais pas l'appeler pour rien » — repose sur une confusion entre information et nouvelle. Il y a toujours quelque chose à dire, à condition de ne pas chercher un événement.

Ce qu'on croit devoir annoncerCe qui suffit largement
Une offreLe nombre de contacts sur l'annonce depuis le dernier point
Une visite programméeCe que les dernières visites ont dit, en récurrences
Une bonne nouvelleCe que vous avez changé, ou ce que vous proposez de changer
Un événementLe simple fait de tenir le rythme annoncé à la signature

La dernière ligne est la vraie réponse. Un appel prévu tous les quinze jours, tenu même quand il n'y a rien, vaut par sa régularité : il prouve un fonctionnement, et il empêche le vendeur d'inventer.

La structure d'un appel de quatre minutes

  1. 1Annoncer le cadre en ouverture. « Je vous appelle pour notre point de quinzaine, il n'y a pas eu de visite depuis la dernière fois. » Dire tout de suite qu'il n'y a rien évite le suspense et le soulagement déçu.
  2. 2Donner un chiffre. Contacts sur l'annonce, demandes de visite, appels reçus. Un chiffre, même modeste, remplace une impression.
  3. 3Rappeler une récurrence. « Ce qui revient toujours, c'est la question des travaux. » Un rappel par appel, pas trois : la répétition doit s'installer lentement.
  4. 4Proposer une action ou une échéance. « Je change la première photo cette semaine » ou « on refait un vrai point à la cinquième visite ».
  5. 5Fixer le prochain contact. La date suivante donnée à voix haute est ce qui empêche l'appel d'inquiétude entre-temps.

L'écrit fait la moitié du travail

La méthode ci-dessus fonctionne, et elle est épuisante à tenir sur trente mandats. C'est pourquoi elle tombe systématiquement dans les semaines chargées, celles où elle serait le plus utile.

Un compte rendu écrit envoyé après chaque visite change complètement le rapport de forces : le vendeur reçoit de l'information sans que vous ayez à décrocher, l'appel de quinzaine devient une conversation et non un rattrapage, et la répétition des objections s'installe toute seule dans sa boîte mail. Le seul obstacle est le temps de rédaction, et c'est exactement ce que supprime la dictée en sortant du bien.

Le cas du vendeur qui appelle tous les vendredis

Il n'appelle pas parce qu'il est anxieux par nature : il appelle parce que rien ne lui arrive. Lui reprocher ses appels ne sert à rien ; les rendre inutiles fonctionne.

La méthode est contre-intuitive : il faut le contacter plus, pas moins, mais à votre initiative et à date fixe. Au bout de trois semaines de rythme tenu, les appels du vendredi cessent d'eux-mêmes — et quand il appelle encore, c'est en général pour parler du prix, ce qui est exactement la conversation que vous vouliez avoir.

FAQ

Les questions qu'on nous pose.

À quelle fréquence faut-il appeler un propriétaire vendeur ?

Tous les quinze jours en rythme de croisière, et systématiquement après chaque visite par écrit. Ce qui compte n'est pas la fréquence exacte mais sa régularité : un rythme annoncé et tenu vaut mieux qu'un rythme dense et irrégulier.

Que dire à un vendeur quand il n'y a eu aucune visite ?

Le dire, avec un chiffre de contacts et une action. Le silence est bien plus dommageable que la mauvaise nouvelle, parce qu'il laisse le vendeur formuler une hypothèse — et il choisit toujours celle qui protège son prix.

Vaut-il mieux appeler ou écrire ?

Les deux, avec des rôles différents. L'écrit après chaque visite installe les faits et laisse une trace ; l'appel de quinzaine entretient la relation et permet de sentir où en est le vendeur. L'un ne remplace pas l'autre.

Le suivi vendeur, sans les soirées de rédaction

Tout ce qui précède suppose un compte rendu écrit après chaque visite. Trente secondes de dictée en sortant du bien suffisent à le tenir, semaine chargée comprise.

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