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Prospection

Renouveler un mandat exclusif qui n'a rien donné

Le rendez-vous de renouvellement se perd rarement ce jour-là. Il se perd dans les semaines de silence qui l'ont précédé, pendant lesquelles le vendeur a eu tout le loisir d'imaginer ce qui ne se passait pas.

PLPar Paul Lombardo, Fondateur de plb-agencyMis à jour le 3 min de lecture

Ce que le vendeur a en tête à l'échéance

Trois mois se sont écoulés, le bien n'est pas vendu, et il doit décider s'il vous reconduit. Sa question n'est pas « cette agence a-t-elle bien travaillé ? » : il n'a aucun moyen de le savoir. Sa question est « qu'est-ce que j'ai vu se passer ? ».

S'il a vu passer six comptes rendus, un appel tous les quinze jours et un point d'étape à mi-parcours, il a vu une agence au travail. S'il a vu trois relances de sa part et deux réponses évasives, il a vu une agence qui attend — et il changera, même si vous avez objectivement bien travaillé.

Les dix semaines qui décident

Un renouvellement se prépare dès la signature. Trois moments comptent, et aucun n'est le rendez-vous final.

  1. 1Les trois premières semaines. C'est là que le vendeur juge si vous tenez ce que vous avez promis. Un compte rendu manqué sur les deux premières visites annule tout ce qui suivra.
  2. 2Le point d'étape à mi-parcours. Provoqué par vous, daté à l'avance, il transforme un silence en méthode. C'est aussi le moment naturel pour poser la question du prix, bien avant l'urgence.
  3. 3Les trois semaines avant l'échéance. Le vendeur commence à recevoir des appels de confrères qui ont repéré la date. Si vous ne l'avez pas contacté d'ici là, ils parleront avant vous.

Mener le rendez-vous de renouvellement

L'erreur est d'aborder ce rendez-vous comme une demande. Ce n'est pas une demande, c'est un bilan — et un bilan se présente avec des éléments.

  • Ce qui a été fait, en volume : nombre de visites organisées, nombre de comptes rendus envoyés, actions de diffusion. Des faits, pas des efforts.
  • Ce que les visites ont dit, en récurrences : la même réserve revenue quatre fois n'est plus un avis mais une donnée. Encore faut-il avoir les comptes rendus — les dicter en sortant est ce qui les rend possibles.
  • Ce que vous proposez de changer, et c'est le point central : reconduire à l'identique un dispositif qui n'a pas marché n'est pas une proposition.
  • La durée demandée, justifiée par ce qui change. « Trois mois de plus » sans changement se refuse ; « trois mois avec un prix ajusté et de nouvelles photos » s'examine.

Le cas difficile : le vendeur refuse toujours de baisser

C'est la situation la plus fréquente à l'échéance, et celle où l'on prend souvent la mauvaise décision : accepter de reconduire au même prix pour ne pas perdre le mandat.

Trois mois supplémentaires au même prix produiront le même résultat, avec un coût supplémentaire — l'ancienneté du bien sur le marché, que les acquéreurs lisent et interprètent. Le mandat est conservé, la vente s'éloigne.

L'alternative honnête consiste à reconduire sur une durée courte assortie d'un point ferme : « je reconduis six semaines au prix actuel ; si nous en sommes au même endroit, nous ajustons ». Le vendeur garde la main, la décision est datée, et vous n'aurez pas à rouvrir le débat depuis le début. La préparation de ce point est détaillée dans l'article sur l'annonce d'une baisse de prix.

Quand il vaut mieux ne pas renouveler

Un mandat conservé à un prix invendable coûte du temps de visite, de l'énergie d'équipe et de la crédibilité auprès des acquéreurs qui voient toujours le même bien. Il arrive que la bonne décision soit de ne pas reconduire.

Le dire franchement au vendeur produit d'ailleurs un effet inattendu : c'est le seul moment où il comprend que le prix était réellement le problème. Beaucoup de ces vendeurs reviennent quelques mois plus tard, avec un chiffre différent en tête — et cette fois, l'agence qui a été honnête est celle qu'ils rappellent.

FAQ

Les questions qu'on nous pose.

Quand faut-il aborder le renouvellement d'un mandat exclusif ?

Trois semaines avant l'échéance au plus tard, et idéalement dès le point d'étape de mi-parcours. Les confrères qui suivent les dates d'échéance contactent souvent le vendeur avant l'agence en place.

Faut-il renouveler un mandat exclusif au même prix ?

Rarement. Reconduire à l'identique un dispositif qui n'a pas fonctionné promet le même résultat, et fait vieillir le bien sur le marché. Une reconduction courte assortie d'un point de prix daté est un meilleur compromis.

Un vendeur peut-il refuser de renouveler sans motif ?

Oui : à l'échéance, il est libre. C'est précisément pour cela que le renouvellement se joue dans les semaines précédentes, sur ce qu'il a vu se passer, et non sur une argumentation de dernière minute.

Le suivi vendeur, sans les soirées de rédaction

Tout ce qui précède suppose un compte rendu écrit après chaque visite. Trente secondes de dictée en sortant du bien suffisent à le tenir, semaine chargée comprise.

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